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Le gouvernement ouvre la porte à une baisse de l’achat de livres dans les écoles

  • ANEL
  • Communiqué
10 juillet 2026

Montréal, le 9 juillet 2026 – Les centres de services scolaires ont reçu les nouvelles règles
budgétaires du gouvernement du Québec pour la prochaine année scolaire. Environ
38 millions de dollars qui étaient jusqu’ici consacrés à l’achat de livres pourront désormais être
utilisés à d’autres fins, sans garantie qu’ils continueront de soutenir la lecture dans les écoles.
Malgré la mobilisation exceptionnelle du milieu du livre, qui a réuni plus de 17 000 signataires
en quelques jours afin de protéger l’achat de livres neufs dans les écoles, le gouvernement n’a
prévu aucune mesure claire pour garantir que les sommes destinées à la lecture continueront
d’être consacrées à l’achat de livres.


Cette décision confirme les inquiétudes exprimées depuis le début mai par les libraires, les
auteurs, les éditeurs, les distributeurs, les enseignants et les professionnels en
bibliothéconomie scolaire. En fusionnant les sommes autrefois dédiées à l’achat de livres avec
d’autres dépenses comme le sport, les sciences, les activités parascolaires et les sorties
culturelles, le gouvernement ouvre la porte à une diminution importante des achats de livres
dans les écoles.


Pour le milieu du livre, l’absence de protection spécifique dans les règles budgétaires envoie
un signal préoccupant aux écoles et aux centres de services scolaires. Sans enveloppe dédiée,
les achats de livres risquent d’être relégués derrière d’autres priorités budgétaires, au
détriment de la réussite éducative des élèves, de la découvrabilité des œuvres québécoises et
de la vitalité de l’ensemble de la chaîne du livre.

Des conséquences directes pour les élèves et pour le milieu du livre

Une réduction des achats de livres par les écoles priverait les élèves d’un accès régulier à des
œuvres récentes, diversifiées et adaptées à leurs réalités, alors que la lecture demeure l’un des
outils les plus puissants pour apprendre le français, développer le jugement critique et
favoriser la réussite scolaire dans toutes les matières. Cette réduction pourrait avoir aussi des
conséquences importantes pour l’ensemble de l’écosystème du livre au Québec, des librairies
indépendantes jusqu’aux éditeurs et aux auteurs.

Citations
« Les maisons d’édition ont à cœur de publier des livres de grande qualité qui éveillent le goût
de lire et accompagnent les jeunes tout au long de leur parcours. Parce que la lecture constitue
un pilier des apprentissages et du développement des élèves, l’accès à des œuvres
québécoises diversifiées et actuelles doit être préservé. Sans enveloppe protégée pour l’achat
de livres, ces acquisitions risquent d’être mises en concurrence avec d’autres besoins, au
détriment de la réussite des jeunes et de la vitalité de la création québécoise. »
– Karine Vachon, directrice générale de l’Association nationale des éditeurs de livres
(ANEL)


« Les ventes aux écoles représentent en moyenne 36 % des ventes d’une librairie, et près d’une
librairie sur quatre considère déjà sa situation financière fragile. Si les achats institutionnels
diminuent, ce sont des librairies qui risquent de fermer, et avec elles, des espaces culturels
essentiels où les familles, les enseignants et les élèves ont accès aux livres québécois. »
– Gabrielle Simard, directrice générale de l’Association des libraires du Québec (ALQ)


« Le Québec n’a pas le luxe de se priver d’une mesure qui encourage la lecture. Si ce sont les
écrivaines et les écrivains pour la jeunesse qui seront les premiers affectés, à long terme, c’est
l’ensemble du Québec qui va subir les conséquences de cette décision. »
– Hélène Hotton, directrice générale de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois
(UNEQ)


« Réduire les investissements en livres dans les écoles, c’est fragiliser l’ensemble de
l’écosystème du livre, mais aussi appauvrir l’accès des jeunes à une diversité d’œuvres d’ici.
L’école doit favoriser la découvrabilité des livres québécois et investir dans le renouvellement
de son offre. Les achats de livres sont donc essentiels pour soutenir la création, faire émerger
de nouvelles voix et assurer la vitalité de notre culture. »
– Jean-Benoit Dumais, directeur général, coopérative des Librairies indépendantes du
Québec (LIQ)


« La décision de la ministre Lebel va entraîner une diminution de la place accordée au livre
dans les écoles du Québec. La mesure permettant le développement des collections de livres
existe depuis 2005. Elle a toujours bénéficié de budgets protégés, à de rares exceptions près.
Chaque fois que cette protection a été levée, les acquisitions de livres dans les écoles ont
connu une baisse marquée. »
– Benoit Prieur, Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF)


« Sans enveloppe protégée, l’achat de livres risque d’être mis en concurrence avec d’autres
besoins. Cela pourrait signifier moins de livres dans les écoles, moins de choix pour les élèves
et moins d’accès à des œuvres variées, actuelles et de qualité. »

– Louise Déraspe, Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire (COOPSCO)