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Les éditeur∙rices, auteur∙rices et libraires canadiens demandent à la Nouvelle-Écosse de rétablir le financement aux éditeurs

  • ANEL
  • Communiqué
9 mars 2026

Le 4 mars 2026

Les organismes représentant le secteur du livre au Canada – l’édition, la création littéraire et les librairies – expriment leur solidarité envers les artistes, les travailleur·euses culturel·les ainsi que les organismes artistiques et culturels de la Nouvelle-Écosse, alors que les communautés s’apprêtent à participer à des rassemblements partout dans la province pour réclamer l’annulation des compressions majeures imposées au financement des arts et de la culture.

Le budget provincial proposé prévoit une réduction de 30 % du financement de fonctionnement destiné aux organismes des secteurs des arts, de la culture et du patrimoine, une coupure de 14 millions de dollars dans les fonds discrétionnaires du ministère des Communautés, de la Culture, du Tourisme et du Patrimoine, ainsi que l’élimination ou la réduction de plus de 70 programmes de subventions totalisant plus de 130 millions de dollars.

Nous sommes particulièrement alarmés par la décision du gouvernement de la Nouvelle-Écosse d’éliminer tout financement provincial destiné aux éditeurs indépendants par l’abolition du programme d’aide aux éditeurs. Cette coupure dévastatrice fait passer l’appui annuel accordé aux éditeurs de 700 000 $ à zéro, faisant de la Nouvelle-Écosse la seule province canadienne qui n’investit pas dans ses propres maisons d’édition.

Les éditeurs touchés par cette décision sont des entreprises indépendantes établies en Nouvelle-Écosse qui contribuent de manière significative à l’économie de la province, à son paysage éducatif et à sa vie culturelle — ainsi qu’à l’ensemble de l’écosystème canadien du livre. Collectivement, ces maisons publient plus de 100 nouveaux titres chaque année, emploient du personnel local, font appel à des pigistes de la province, collaborent avec des auteur·rices et illustrateur·rices néo-écossais·es, et fournissent des livres aux écoles, aux bibliothèques, aux librairies et aux lecteur·rices partout au pays.

Les éditeurs indépendants sont souvent les seuls vecteurs des voix locales et des perspectives régionales. Avec l’élimination de ce financement, moins d’histoires néo-écossaises seront écrites, publiées et diffusées. En ce moment où la souveraineté culturelle est plus essentielle que jamais, réduire le soutien à l’édition locale constitue un pas dans la mauvaise direction. Partout au Canada, les programmes d’aide aux éditeurs renforcent le secteur de l’édition afin de garantir que nos histoires, nos récits et nos idées soient portés par et pour les personnes de nos communautés, plutôt que dilués pour répondre aux exigences de marchés externes plus puissants.

L’élimination du programme d’aide aux éditeurs représente un revirement choquant par rapport à la position antérieure du gouvernement, qui affirmait encore l’automne dernier que la province est « reconnue pour ses auteur·rices », notamment lors du lancement du projet pilote « Nova Scotia Loyal book industry pilot program » (Programme de fidélité pilote de l’industrie du livre en Nouvelle-Écosse). À la lumière des compressions annoncées, ces engagements semblent aujourd’hui compromis.

« Les éditeurs indépendants constituent une infrastructure culturelle essentielle », a déclaré Alana Wilcox, présidente de l’Association of Canadian Publishers. « Lorsque le soutien provincial à l’édition est supprimé, les répercussions sont immédiates et profondes – moins de livres d’auteur·rices de la région, moins d’emplois et moins d’occasions pour les histoires néo-écossaises d’atteindre les lecteur·rices. Cette décision affaiblit non seulement le secteur de l’édition de la province, mais aussi l’ensemble du paysage culturel canadien. »

Alors que des artistes, des organismes culturels et leurs alliés se rassemblent partout en Nouvelle-Écosse dans les prochains jours, le secteur canadien du livre les soutient pour réclamer un investissement significatif dans les arts et la culture. Le budget de la Nouvelle-Écosse n’a pas encore été adopté et il demeure possible pour la province de reconsidérer des compressions qui auront des conséquences néfastes à long terme pour les créateur·rices, les collectivités et la vie culturelle néo-écossaise. Nous exhortons le gouvernement de la Nouvelle-Écosse à annuler ces compressions et à reconnaître qu’un investissement soutenu dans l’édition locale constitue un investissement dans la résilience économique et la vitalité culturelle.

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Les organisations du secteur du livre signataires de ce communiqué sont :

Association of Canadian Publishers (ACP)

Association nationale des éditeurs de livres (ANEL)

Atlantic Publishers Marketing Association (APMA)

Canadian Independent Booksellers Association (CIBA)

Literary Press Group of Canada (LPG)

Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC)

The Writers’ Union of Canada (TWUC)

Association of English-language Publishers of Quebec (AELAQ)

Association of Manitoba Book Publishers (AMBP)

Association of Book Publishers of British Columbia (Books BC)

Book Publishers Association of Alberta (BPAA)

Ontario Book Publishers Organization (OBPO)

SaskBooks

Writers’ Federation of Nova Scotia (WFNS)