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BRÈVE HISTOIRE DU LIVRE AU QUÉBEC

Brève histoire de l'édition

Une industrie vigoureuse
Des habitudes de lecture solidement enracinées
Une industrie récente
Les années 60 : l'éclosion
L'Hexagone québécois : l'âge de la parole
Les Éditions du Jour
Vers la concentration
L'édition de livres pour la jeunesse
L'édition anglophone
L'édition universitaire
L'édition scolaire
L'édition de guides pratiques
Les revues littéraires
La coédition
Internet : une percée

Une industrie vigoureuse

On compte au Québec environ 130 maisons d'édition agréées* (dont 96 sont membres de l'ANEL - Association nationale des éditeurs de livres), signe de l'indiscutable vitalité de cette industrie. Abondante et variée, la production québécoise est en progression constante. Quelque 4 000 titres paraissent à chaque année. Romans, essais, livres pour la jeunesse, biographies, livres savants, dictionnaires et documents : la production se montre de plus en plus diversifiée. En ajoutant les publications des gouvernements, maisons d'enseignement et associations diverses, le nombre de livres publiés au Québec en 1996 gonfle à plus de 6 000. L'édition scolaire, depuis toujours le maillon le plus solide de l'édition québécoise, représente 42,3 % de la production, la littérature générale 31,5 % et le secteur jeunesse - un créneau en pleine croissance - 17,3 %.

* i.e. reconnues par le ministère de la Culture dans le cadre de la Loi.

Statistiques de l'édition au Québec en 1996
*Source : Statistiques de l'édition au Québec en 1996, Bibliothèque nationale du Québec (excluant les réimpressions)

Toutes proportions gardées, c'est-à-dire en tenant compte de sa faible population (7 millions d'habitants), le Québec produit davantage que des pays comme l'Allemagne, la France, l'Italie et les États-Unis! En effet, il se publie au Québec 502 titres par million d'habitants contre 395 pour la France et 200 pour les États-Unis.

Aux prises depuis toujours avec une forte concurrence étrangère, les éditeurs québécois parviennent néanmoins à occuper 50 % du marché local du livre, tous genres confondus, et entre 30 % et 35 % dans le domaine de la littérature générale. À titre de comparaison, la France s'accapare 88 % de son propre marché du livre. À défaut d'égaler la mère patrie, le Québec peut s'enorgueillir d'avoir accompli de spectaculaires progrès depuis les 35 dernières années. En 1962, par exemple, plus de 90 % des ouvrages vendus en librairie au Québec étaient importés, le plus souvent d'Europe.

Statistiques de l'édition au Québec, 1972 à 1996
* Source : Statistiques de l'édition au Québec, 1972 à 1996, Bibliothèque nationale du Québec.
Note : Il s'agit des livres publiés par les maisons d'édition commerciales au cours de l'anné et déposés à la bibliothèque nationale; les réimpressions sont exclues.

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Des habitudes de lecture solidement enracinées

Une enquête sur les pratiques culturelles des Québécois menée en 1997 par le ministère de la Culture et des Communications a réjoui le monde du livre. La lecture, y apprend-on, demeure l'activité culturelle de loisir préférée de la population québécoise. Le peloton de lecteurs assidus est important : 77 % de la population lit des quotidiens, 63 % des revues et 57 % des livres. Depuis 1983, le taux de lecture s'est accru de 6 %. Ni la télévision, ni l'Internet n'ont détourné les Québécois de la lecture… mais le défi est constant.

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Une industrie récente

Dans ce laboratoire qu'est le Québec, dans ce coin d'Amérique française, le livre est une jeune industrie. En fait, l'édition québécoise commerciale moderne remonte à la Deuxième Guerre mondiale. « Avant 1940, l'édition de livres au Québec constitue une aventure périlleuse. Peu de gens s'y intéressent. Le volume de la production demeure très faible. Le commerce de la librairie ne reluit guère davantage; on importe de France un certain type de matériel didactique, des livres de religion, en réalité peu de choses. », rappelle Jean-Pierre Chalifoux dans son étude L'édition au Québec 1940-1950, citée par Ignace Cau dans son ouvrage L'édition au Québec de 1960 à 1977. Ainsi, en 1936, le bottin des lettres canadiennes-françaises ne rassemblait que six éditeurs : La Librairie Beauchemin, principale maison d'édition du début du siècle, Granger Frères Ltée, les Éditions du Totem, les Éditions du Zodiaque, les Éditions Albert Lévesque (fondées par le père de Raymond, l'auteur de Quand les hommes vivront d'amour) et la Librairie Garneau de Québec. Un an plus tard, en 1937, le père Paul-Aimé Martin mettait sur pied les Éditions Fides, maison qui demeure importante aujourd'hui, soixante ans plus tard. Le clergé a d'ailleurs largement contribué à la naissance de l'édition au Canada français.

Maria Chapdelaine Le chien d'or

La Seconde Guerre mondiale aura joué un rôle capital dans l'histoire de l'édition québécoise. La guerre a en effet coupé les librairies québécoises de leur principale source, elles qui s'approvisionnaient en France. Devant cette situation, le premier ministre canadien d'alors, Mackenzie King, a accordé en 1940 aux éditeurs canadiens-français la licence de reproduction des oeuvres françaises. Ainsi Montréal devient-elle pendant la guerre un grand centre d'édition, et l'industrie connaît une grande prospérité. De 1940 à 1947, 21 millions de livres ont été imprimés en français, au Québec. Dans l'introduction de son ouvrage Les tribulations du livre québécois en France, Josée Vincent, membre du Groupe de recherche sur l'édition littéraire au Québec (GRELQ) de l'Université de Sherbrooke, rappelle cet épisode singulier : « Paralysée par l'occupation allemande, la France ne peut plus approvisionner ses marchés extérieurs en livres. Les éditeurs québécois profitent de cette occasion unique pour se lancer à la conquête d'un public mondial. Presque du jour au lendemain, des livres québécois sont diffusés aux États-Unis, au Mexique, en Argentine, en Algérie, etc. Par contre, les liens directs avec la France sont rompus. Seuls les Français exilés en Amérique du Nord entretiennent des relations avec le milieu du livre au Québec. Lorsque l'armistice est signé en 1945, les Québécois détiennent un quasi-monopole de l'édition francophone. »

De 1939 à 1946, certains éditeurs québécois ont donc connu des succès spectaculaires. Ce fut le cas, notamment, des Éditions de l'Arbre et des Éditions Variétés. Notons la création, en 1946, de l'Institut littéraire du Québec par Paul Michaud, éditeur entre autres, de Roger Lemelin, Anne Hébert, Yves Thériault, Marie-Claire Blais.

Peinture canadienne Dous-amer

Cette période euphorique sera toutefois de courte durée, et le retour à la réalité n'en sera que plus brutal. Dès la fin de la guerre, la France reprend sa place dans l'édition. S'amorce alors une période noire. Plusieurs éditeurs québécois ferment boutique. « Déjà, à la fin des années 40, » note Josée Vincent, « les éditeurs français ont retrouvé leur puissance internationale tandis que plusieurs entreprises québécoises d'édition ont déjà fermé leurs portes. »

Les principales maisons d'édition qui survivront à ce contexte difficile et échapperont à la faillite sont celles qui oeuvrent dans le marché du livre scolaire (Beauchemin, Fides, Granger et la Librairie Dussault), le secteur le plus fort de l'édition québécoise. Les Éditions Fides ont particulièrement bien survécu à la reprise de l'édition française, au point d'ouvrir à Paris, en 1949, un « centre de renseignements sur la production littéraire canadienne », la Maison du livre canadien en France.

En 1947, Pierre Tisseyre, pionnier de l'édition au Québec, fonde le Cercle du livre de France. La maison a d'abord ciblé le marché américain - de nombreux soldats américains avaient épousé des citoyennes françaises qu'il fallait bien approvisionner en littérature francophone… - avant de s'établir au Québec. Le Cercle du livre de France, devenu plus tard les Éditions Pierre Tisseyre, allait contribuer de façon significative à l'évolution de la littérature québécoise en publiant les oeuvres d'auteurs essentiels : Gérard Bessette, Hubert Aquin, André Langevin, Claire Martin et Alice Parizeau.

Pierre Tisseyre, Hervé Foulon, Johanne Ménard et Raymond Vézina
Pierre Tisseyre, Hervé, Foulon, Johanne Ménard, et Raymond Vézina

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Les années 60 : l'éclosion

Le 22 juin 1960 est une date charnière dans l'histoire du Québec. Ce jour là, le Parti libéral que dirige Jean Lesage prend le pouvoir, mettant fin à 16 ans de règne de l'Union Nationale de Maurice Duplessis et sonnant le glas d'une période de repli marquée par le conservatisme, période que les historiens ont appelé « la grande noirceur ».

Père Paul-Aimé Martin
Le père Paul-Aimé Martin

Du coup, le Québec renaît. La société en sera transformée à jamais par une série de réformes. C'est la « Révolution tranquille », le passage à la modernité, l'aggiornamento. Un État moderne se constitue. La culture et l'éducation sont au coeur des priorités de l'équipe Lesage. Un ministère des Affaires culturelles est créé en 1962, dirigé par Georges-Émile Lapalme. J.-Z. Léon Patenaude, Jacques Hébert et Pierre Tisseyre fondent le Conseil supérieur du livre. Avec « Missionnaires du livre », ils feront adopter une série de mesures législatives pour supporter l'édition. Il était temps, d'ailleurs. Car le monde du livre était alors en proie à une grave crise qui menaçait particulièrement les librairies québécoises. Pour la première fois, en 1961, une délégation se rend à la Foire du livre de Francfort.

J.-Z. Léon Patenaude, Edgar Lespérance et Jacques Hébert
À gauche, J.-Z. Léon Patenaude
À droite, Edgar Lespérance et Jacques Hébert

En 1962, le Québec compte une librairie pour 32 000 habitants et ne fait pas le poids avec la France, où l'on trouve alors une librairie par 7 000 habitants. La Loi de l'assurance-édition et la Loi sur l'agrément des librairies (1962), puis la Loi sur le développement des entreprises québécoises du livre (1981) viendront progressivement corriger le retard qu'accusait le Québec. Les bibliothèques publiques se sont multipliées sur le territoire québécois au cours des 30 dernières années. La collection des bibliothèques est passée de 1,8 million de livres, en 1960, à 14,2 millions, en 1996. Par ailleurs, le Québec compte à ce jour plus de 350 librairies, dont environ 200 sont agréées, c'est-à-dire qu'elles possèdent un stock minimal de 6 000 titres, dont 1 000 québécois. Le montant total de vente de livres - au prix de détail - au Québec atteint environ 600 millions de dollars.

Le temps des jeux

Tous ces progrès découlent à divers degrés du coup de barre donné au début des années 60. Le rythme des réformes mises de l'avant par le gouvernement Lesage est à ce point rapide, que le directeur du quotidien Le Devoir, Gérard Filion, écrit en 1962 : « Sur tous les plans, c'est presque un siècle que la province de Québec a vécu ».

Localisation des librairies agréées au Québec 1995

Principales chaînes de librairies au Québec 1998

C'est dans ce contexte de bouillonnement que l'édition québécoise connaîtra son véritable essor. « Au cours de la période 1960-1977, on assiste à l'éclosion de la plupart des maisons d'édition actuelles. À l'origine de cette éclosion est la Révolution tranquille, qui signe l'acte de naissance d'un nouveau Québec : on assiste à une rénovation superstructurelle de la société, à une modernisation des appareils d'État, à la régression du pouvoir religieux et à la naissance d'un parti souverainiste. », résume Ignace Cau dans L'édition au Québec de 1960 à 1977.

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L'Hexagone québécois : l'âge de la parole

Jacques Ferron

À travers l'histoire de l'édition, on retrace l'histoire des idées, l'histoire d'un peuple. Le désir de liberté et d'affirmation nationale, de même que la nécessité de nouveaux lieux d'expression se sont manifestés bien avant 1960. Il y eut, en 1948, le célèbre manifeste des automatistes, Refus global,un document d'une très grande importance historique, un cri du coeur d'artistes et d'intellectuels qui étouffaient dans le Québec sclérosé d'alors. La création de la maison d'édition L'Hexagone, quelques années plus tard, en 1953, était annonciatrice des grands bouleversements à venir et se réclamait de la même mouvance. Réunis autour du poète Gaston Miron (L'homme rapaillé), les poètes de l'Hexagone font entrer le Québec dans « l'âge de la parole ». Ils crient et écrivent les aspirations du peuple québécois. Plus qu'une maison d'édition, l'Hexagone « est un lieu idéologique, un fournisseur d'idées qui ne concernent pas seulement la pratique poétique comme telle, mais aussi l'ensemble de l'agir social. », écrivait le critique et écrivain Gilles Marcotte. L'Hexagone aura aussi transformé à jamais l'édition québécoise en imposant des normes graphiques de haut niveau. Grâce à Roland Giguère et à ses collègues, le livre québécois devenait aussi un objet dont la facture visuelle était porteuse de sens. L'Âge de la parole, du même Roland Giguère, et Terre Québec suivi de l'Afficheur hurle de Paul Chamberland comptent parmi les titres vedettes de cette maison.

Roland Giguère
Roland Giguère

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Les Éditions du Jour

Dans la courte liste des pionniers de l'édition au Québec, Jacques Hébert occupe une place de choix. Défenseur acharné des libertés et droits de la personne, il s'appliquait à dénoncer les injustices. Ce que l'on a appelé « l'affaire Coffin » allait lui permettre de jouer le rôle de défricheur dans le paysage éditorial québécois. L'histoire de ce prospecteur accusé d'avoir tué trois touristes américains en Gaspésie, puis condamné à la pendaison sur la foi d'une preuve circonstancielle, allait lui inspirer un vibrant pamphlet, Coffin était innocent, qu'aucun éditeur n'osait alors endosser. Qu'à cela ne tienne, Hébert et l'imprimeur, éditeur, libraire et distributeur Edgar Lespérance s'associèrent pour fonder leur propre maison d'édition, les Éditions de l'Homme. C'était en 1958. Ledit pamphlet connut un véritable succès populaire. Au moins 12 000 exemplaires furent vendus. Coffin était innocent secoua à la fois l'opinion publique et le monde de l'édition. Ce fut en effet le premier livre à bénéficier de ce que l'on appelle aujourd'hui la « grande diffusion ».

Coffin était innocent

Le Québec ne comptait alors qu'une vingtaine de librairies. Pour joindre un plus vaste public, Jacques Hébert et Edgar Lespérance avaient eu l'idée de fixer un prix de détail très bas (1 $) et de mettre Coffin était innocent en vente dans les tabagies et autres comptoirs à journaux. En 1960, les Éditions de l'Homme publièrent dans le même esprit un retentissant pamphlet sur les insuffisances de l'éducation qui fit date, Les Insolences du frère Untel, une bombe dans ce Québec alors sous le joug du clergé tout puissant.

Les Insolences du frère Untel, Prix Médicis

En 1961, Jacques Hébert met fin à son association avec Edgar Lespérance et fonde les Éditions du Jour. Tout en poursuivant son exploration de la veine pamphlétaire, notamment avec Les Fous crient au secours de Jean-Charles Pagé, les Éditions du Jour deviennent une pépinière de romanciers québécois qui feront époque, particulièrement entre 1968 et 1974. Roch Carrier, Jean Basile, Jacques Benoit, Jean-Marie Poupart, Jacques Poulin, Victor-Lévy Beaulieu, André Brochu, André Major et Michel Beaulieu figurent parmi ceux qui furent découverts par les Éditions du Jour.

ANEL ANEL

Pendant ce temps, les Éditions de l'Homme continuent de prospérer, en se concentrant sur d'autres créneaux, notamment le livre pratique et la psychologie populaire. Plus solide que jamais, la maison célèbre en 1998 ses 40 ans, riche d'un catalogue de 1 500 titres auquel ont contribué 1 300 auteurs et collaborateurs.

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Victor-Levy Beaulieu, Marie-Claire Blais et Jacques Hébert

En 1963, une équipe d'historiens réunis autour de Jacques Lacoursière et Denis Vaugeois fondait Boréal-Express, une autre maison qui allait jouer un rôle important dans le développement de la littérature et de l'édition au Québec. D'abord vouée à la publication de livres d'histoire et de documents politiques, la maison a peu à peu diversifié sa production. À tel point qu'aujourd'hui, Boréal rassemble de nombreuses figures majeures de la littérature québécoise : Marie-Claire Blais, Anne Hébert, Jacques Godbout, Robert Lalonde, Gilles Archambault, Marie Laberge, Lise Bissonnette, Suzanne Jacob, Louis Hamelin, Louis Caron, Ying Chen, Gaétan Soucy, Yvon Rivard, Pierre Nepveu, André Major, Daniel Poliquin, Francine D'Amour et Monique Proulx y publient leurs oeuvres.

Éditions de l'Homme, Hurtubise HMH pour les essais, la littérature et l'édition scolaire, Déom pour la poésie, Parti-Pris pour les essais engagés : les maisons se multiplient au début des années 60. Au coeur de la Révolution tranquille, le public reconnaît enfin l'importance de l'édition québécoise. C'est au cours de cette même période que les Éditions Leméac prennent leur envol. La maison se consacre prioritairement au théâtre sans pour autant renoncer au roman. L'oeuvre de Marcel Dubé, l'un des pères de la dramaturgie québécoise, s'y retrouve. Tout comme celle, plus tard, du célèbre et prolifique dramaturge et romancier Michel Tremblay. Leméac compte à son catalogue des oeuvres majeures comme celles de Jean Éthier Blais, Jacques Poulin, Élise Turcotte, Lise Gauvin, Ying Chen et Jean-François Chassay.

L'essor du livre québécois dans les années 60 et 70 s'avère un des traits marquants de cette période faste de la jeune histoire du Québec, au même titre que la nationalisation de l'électricité et la création du ministère de l'Éducation. Les Québécois prennent possession de leurs ressources, naturelles et intellectuelles. Dans Le Devoir du 7 avril 1962, l'éditeur Claude Hurtubise, patron des Éditions Hurtubise HMH, le constate sans retenue : « Le public admet enfin, et de la seule façon positive - c'est-à-dire en les achetant -, que les livres canadiens existent et qu'ils méritent d'être lus. Le lancement d'un livre canadien nouveau n'est plus seulement un événement mondain qui attire l'attention d'un petit groupe d'intellectuels et d'une presse bienveillante, mais il est devenu un événement considérable qui touche le grand public. » (cité par Ignace Cau)

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À la fin des années 60 et au cours des années 70, l'édition québécoise se consolide donc, portée par un puissant vent d'espoir et d'affirmation nationale. C'est aussi l'émergence de maisons engagées : L'Aurore, qui ne durera pas, Remue-Ménage, qui accueille les textes de femmes, Albert Saint-Martin, qui propose des essais engagés. En 1968, les frères François et Marcel Hébert créent les Herbes Rouges et favorisent l'émergence d'une nouvelle génération de poètes parmi lesquels on retrouve François Charron, Roger Des Roches et André Roy. Par la suite, les Claude Beausoleil, Marie Uguay, Normand de Bellefeuille, Yolande Villemaire, Élise Turcotte, Denis Vanier, Lucien Francoeur, Claudine Bertrand, Robert Melançon, Paul Chanel Malenfant, Anne-Marie Alonzo, Louise Dupré et Hélène Dorion donneront à la poésie québécoise ses lettres de noblesse. La création des éditions Le Noroît, en 1971, par René Bonenfant et Célyne Fortin, et des Écrits des Forges, par Gaston Bellemare, ont joué un rôle déterminant dans l'avancée de la poésie québécoise.

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Claude Hurtubise, Gaston Bellemare, Carole Levert

En 1974, Jacques Fortin crée les Éditions Québec Amérique, une maison qui, rapidement, s'impose tant sur la scène nationale qu'internationale, en partie grâce au directeur littéraire et écrivain Gilbert Larocque, qui meurt trop tôt. À l'origine limitées à la publication d'essais et de romans, les Éditions Québec Amérique se sont progressivement diversifiées en investissant les secteurs du documentaire, du livre pratique et du livre jeunesse. Dans leur catalogue, riche de près de 700 titres, il faut souligner les mémoires de l'ex premier ministre du Québec René Lévesque, Attendez que je me rappelle (1986), le roman Le Matou d'Yves Beauchemin (1981), et le Dictionnaire Visuel d'Ariane Archambault et Jean-Claude Corbeil, un ouvrage dont l'originalité lui a valu d'être vendu à des centaines de milliers d'exemplaires dans plus de cent pays et traduit en plusieurs langues.

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Parmi les maisons qui ont vu le jour au cours des glorieuses années 70, il faut mentionner les Éditions internationales Alain Stanké. Fondées en 1975 par le journaliste du même nom, la maison a publié au fil des ans de nombreux auteurs québécois, parmi lesquels on retrouve Gabrielle Roy, Yves Thériault, Sol (Marc Favreau) et le pamphlétaire Pierre Falardeau (La liberté n'est pas une marque de yogourt).

En 1972, Ara Kermoyan fonde les éditions Art Global, vouées à la publication de livres d'artistes à tirages limités, de livres d'art destinés à un large public et de biographies. Marie Savard fonde en 1975 les éditions de La Pleine Lune qui occupent depuis sur la scène littéraire québécoise une place importante. L'année 1976 sera aussi une année faste avec la fondation de deux maisons qui, aujourd'hui encore, occupent une place importante dans le paysage éditorial. Un groupe d'écrivains réunis autour de Victor-Lévy Beaulieu fonde VLB Éditeur. Plus de 650 titres y seront publiés. VLB Éditeur fait partie aujourd'hui du Groupe Ville-Marie Littérature. C'est en 1976, aussi, qu'André Bastien met sur pied les Éditions Libre Expression, maison spécialisée dans la littérature grand public et dans les ouvrages de référence illustrés. Le catalogue de plus de 500 titres parus aux Éditions Libre Expression comporte des succès comme ceux de Lise Payette, Arlette Cousture et Georges-Hébert Germain (la biographie de Céline Dion).

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À la même époque (1977) naissent les éditions Triptyque. Jumelée à la revue Moebius, la maison qu'anime Robert Giroux se consacre d'abord à la poésie avant de s'étendre à la fiction et aux essais.

Le milieu des années 80 voit naître une maison principalement consacrée à la relève, XYZ. Gaëtan Lévesque, Maurice Soudeyns et André Vanasse donnent en effet la parole à une nouvelle génération de romanciers, les Louis Hamelin, Christian Mistral, Hugues Corriveau , Sergio Kokis et Fiora Balzano y signent des récits remarqués.

C'est au cours de la même période (1987) que naissent aussi les Éditions Logiques, à l'instigation de Roger DesRoches. Au fil des ans, la maison profitera de la révolution informatique pour lancer de nombreux ouvrages pratiques.

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Vers la concentration

Comme dans la plupart des secteurs de l'économie, l'heure est désormais à la concentration dans l'édition québécoise. Il y a quinze ans, à l'époque du « Small is Beautiful », deux maisons d'édition sur trois étaient de petite taille et se contentaient de recettes annuelles inférieures à 500 000 $. En 1995, le chiffre d'affaires moyen d'un éditeur s'élève à 1,7 million de dollars.

La nouvelle donne du commerce international ouvre de nouvelles portes aux éditeurs québécois tout en les soumettant à une concurrence de plus en plus forte sur leur propre marché. Les best-sellers américains, traduits en plusieurs langues, inondent aussi les librairies québécoises et autres points de vente. Des données du gouvernement du Québec rappellent que plus de 900 éditeurs étrangers sont distribués au Québec et réalisent plus de 70 % des ventes en littérature générale. On estime que chaque Français investit 11 cents par année dans l'achat de livres québécois, tandis que le Québécois achète annuellement pour 15 dollars de livres français.

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La mondialisation de l'édition et les innovations technologiques ont permis une production de masse à des prix toujours décroissants. Pour mieux faire face à ces nouvelles conditions, les éditeurs québécois ont eu tendance à fusionner ou à se regrouper. Ainsi, dès 1991, le Groupe Sogides, avec à sa tête Pierre Lespérance, créait le Groupe Ville-Marie Littérature en rachetant les Éditions VLB, l'Hexagone, les Quinze et Typo. On a observé la même tendance dans le secteur de l'édition scolaire. Ainsi, on a assisté récemment à la création du Groupe Beauchemin Éditeur, nouvelle entité née de la fusion des Éditions Beauchemin - fondées en 1842 -, des Éditions de l'image de l'Art, FM et Doutre et Vandal, toutes des sociétés spécialisées dans le manuel scolaire.

L'évolution de Communication Quebecor est également significative. Le groupe s'est successivement porté acquéreur de 50 % du Centre éducatif et culturel (CEC), un des plus importants éditeurs de manuels scolaires au Québec, mis sur pied en 1956, des Éditions Wilson & Lafleur, maison spécialisée dans l'édition de livres juridiques depuis 1906,de 50 % des Éditions Libre expression, de 80 % du groupe Archambault (une chaîne de librairies multimédia), de Diffulivre (distributeur et diffuseur), des Éditions du Trécarré, des Éditions internationales Alain Stanké et des Éditions Logiques. Le Groupe Quebecor contrôle par ailleurs de nombreuses imprimeries, des quotidiens, dont Le Journal de Montréal, le journal le plus vendu au Québec, des magazines et, depuis peu, une chaîne de télévision, le réseau Télévision Quatre Saisons (TQS).

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Parallèlement, les années 80 et 90 ont vu éclore une kyrielle de petites maisons d'édition indépendantes. Entêtés, passionnés, courageux, leurs dirigeants se battent avec acharnement contre les plus gros joueurs. Au nombre de ces petits éditeurs figurent les Éditions de l'Instant même (1987). Fondée par Gilles Pellerin, la maison se distingue avant tout par son fonds de recueils de nouvelles. Denis Vaugeois et Gaston Deschênes créent en 1988 les Éditions du Septentrion, dont la vocation est de publier des ouvrages d'histoire.

En 1990, Giovanni Calabrese fondait les Éditions Liber, maison qui se consacre particulièrement aux essais et aux livres de réflexion. On assiste en 1992 à la naissance d'Écosociété qui se fait l'écho de l'écologie et d'une économie durable. En 1991, Robert Triquère fonde les Éditions Balzac, qui se distinguent par la publication d'écrits polémiques. En 1995, Michel Brûlé créait les Éditions Les Intouchables, dans l'espoir de donner la parole aux auteurs de la nouvelle génération. En 1996, Jacques Lanctôt mettait sur pied Lanctôt éditeur, maison de littérature générale. En 1998,Guy Champagne relance, sous le nom de Nota bene, les éditions Nuit Blanche, spécialisées en essais littéraires. La même année Jean Pettigrew et Louise Alain donnaient naissance aux Éditions Alire, spécialisées dans le roman de science-fiction et de fantasy. La même tendance s'est observée dans le secteur de la littérature jeunesse, où sont nées des petites maisons audacieuses et imaginatives comme Les 4oo coups (1993) et Soulières Éditeur (1996). Des maisons situées à l'extérieur de Montréal connaissent également le succès. Il en va ainsi de JCL, un éditeur du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et du Loup de Gouttière, éditeur de Québec.

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L'édition de livres pour la jeunesse

La moitié des élèves québécois de cinquième et sixième année, primaire lisent entre 17 et 32 livres par année, révélait récemment une enquête du ministère de l'Éducation du Québec. Pas étonnant, dans ce contexte, qu'à chaque année, des milliers d'écoliers envahissent les couloirs du Salon du livre de Montréal et des autres manifestations du genre ailleurs en province.

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Ces données plus que réjouissantes démontrent éloquemment le résultat d'un phénomène marquant des années 70 : l'émergence d'une littérature jeunesse québécoise abondante et de qualité. Les Éditions de La courte échelle, fondées en 1978 par Bertrand Gauthier, ont fait figure de pionnières en la matière. Avec près de 300 titres à son catalogue, cette maison a donné le ton. Son succès a vite dépassé les frontières.

Longtemps soumis à l'imaginaire d'étrangers, les petits Québécois apprennent dorénavant à lire à travers des univers qui leur sont davantage familiers. Les écrivains pour la jeunesse québécoise redéfinissent constamment les frontières d'un genre qui n'est plus un sous genre, et font l'envie de leurs pairs à travers le monde. On ne compte plus les distinctions nationales et internationales amassées au fil des ans par les auteurs comme Dominique Demers, Ginette Anfousse, Christiane Duchesne, Sonia Sarfati, Chrystine Brouillet, Carole Tremblay, Lucie Papineau, Denis Côté et de nombreux autres. Les illustrateurs se taillent aussi leur place au soleil et Pierre Pratt, Michèle Lemieux, Gilles Tibo ou Stéphane Poulin sont reconnus internationalement.

Des dizaines de maisons d'édition, dont Québec Amérique, Héritage, Tisseyre, Soulières, Les 400 coups, Boréal, Michel Quintin et Hurtubise HMH, se montrent de plus en plus actives dans ce secteur en pleine ébullition. Depuis 1971, l'organisme Communication-Jeunesse veille à promouvoir auprès des jeunes la lecture d'oeuvres québécoises et canadiennes françaises pour la jeunesse en multipliant les activités d'animation et de promotion.

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* Ces prix littéraire sont les plus prestigieux au Canada.

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L'édition anglophone

Depuis une quinzaine d'années, l'édition québécoise de langue anglaise connaît un certain essor. Les éditeurs montréalais Vehicule Press, Robert Davies Publishing, McGill Queen's et Black Rose Books ont une production abondante et trouvent de plus en plus écho non seulement au sein de la communauté de langue anglaise, mais aussi auprès de francophones. Parmi les principaux auteurs québécois de langue anglaise, il faut mentionner Trevor Ferguson, Mavis Gallant, Kathy Reichs (Déjà Dead), Josh Freed, Stephan Shecter, Terry Mosher (Aislin) et Ken McGoogan.

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L'édition universitaire

Loin des projecteurs, l'édition universitaire québécoise s'est aussi considérablement développée au fil des ans, et assure aux chercheurs et professeurs des universités québécoises un rayonnement de plus en plus grand. Ainsi, les Presses de l'Université Laval, fondées en 1950, comptent plus de 800 titres à leur catalogue, tandis que les Presses de l'Université du Québec, créées en 1969, en cumulent plus de 500. Les Presses de l'Université de Montréal, depuis peu intégrées à Fides, ainsi que les Presses de l'Université McGill et les Presse Inter Universitaires sont également très actives. Comme les maisons littéraires, les éditeurs universitaires cherchent à s'ouvrir sur le monde. Dans cet esprit, ils exportent leurs titres dans les autres pays de la Francophonie et publient des ouvrages en coédition avec des éditeurs étrangers.

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L'édition scolaire

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Guy Frenette, Groupe Beauchemin

L'édition scolaire a été, historiquement, un maillon clé de l'industrie. C'est le berceau de l'édition québécoise. Autrefois dirigées par les communautés religieuses, les maisons spécialisées dans l'édition de manuels scolaires sont progressivement passées aux mains de laïques. On trouve au Québec 32 éditeurs scolaires agréés. Ils ont publié en 1995 près de 2 000 titres. Le premier éditeur québécois, Beauchemin, fondé en 1842, était un éditeur scolaire. Ce secteur s'est principalement développé dans les années 50, 60 et 70 avec la naissance du Centre éducatif et culturel (CEC) en 1956, des Éditions Hurtubise HMH (1960), des Éditions du Renouveau pédagogique (1965), de HRW (1966), de Guérin (1970), de Modulo éditeur (1975), de Gaëtan Morin (1975) et des Publications Graficor, tous des joueurs majeurs dans cette industrie.

ANEL
Antoine Del Busso, Éditions Fides et PUM

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L'édition de guides pratiques

Largement inspiré de l'édition américaine dans le choix et le traitement des contenus, le guide pratique est un genre important au Québec, tant par le nombre de titres publiés chaque année que par le succès commercial de ces ouvrages sur la scène nationale comme à l'étranger. La publication de guides pratiques a véritablement démarré au Québec grâce aux Éditions de l'Homme qui, au fil des années, se sont taillé une place significative dans le monde de l'édition québécoise en publiant une quantité impressionnante d'ouvrages. En outre, les guides pratiques des Éditions de l'Homme ont été parmi les premiers livres publiés au Québec à connaître le succès auprès du public français. Au cours des années, plusieurs autres maisons québécoises ont développé des activités de publication de guides pratiques, dont les Éditions Quebecor, les Éditions Logiques, Guy Saint-Jean éditeur, Les Éditions Broquet et les Éditions Michel Quintin, ces deux dernières publiant notamment des guides d'identification d'animaux, les Éditions Ulysse, spécialisées en guides de voyages, et les Éditions du Trécarré.

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Les revues littéraires

Les revues littéraires ont été, et demeurent, le creuset de la littérature québécoise. Depuis longtemps déjà, ce sont souvent les revues qui les premières ont accueilli les nouvelles, les poèmes ou les récits des jeunes écrivains. Déjà, au xixe siècle, des revues telle La Bibliothèque Canadienne (1825-1830) faisaient connaître certains des premiers écrivains québécois qui, par la suite, seraient publiés. Aujourd'hui, on compte une dizaine de revues littéraires au Québec, regroupées au sein de la Société de développement des périodiques culturels québécois.

ANEL
Jacques Godbout et Pascal Assathiany

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La coédition

Ainsi que le rappelle éloquemment Josée Vincent dans son essai Les Tribulations du livre québécois en France, la diffusion du livre québécois en France fut souvent, du moins jusqu'à ce jour, semée d'embûches. Cela dit, le désir de s'imposer sur ce marché comptant plus de 50 millions de lecteurs potentiels demeure toujours tenace.

Encore une fois, c'est dans la foulée des glorieuses années 60 que, là aussi, de grands pas ont été franchis. Yves Berger et Robert Laffont s'intéressent à la culture québécoise en France. Grasset, Gallimard, le Seuil et Julliard publient des romanciers québécois comme Marie-Claire Blais, Anne Hébert, Réjean Ducharme et Jacques Godbout. Dans le même esprit, les Éditions de l'Homme ont une antenne à Paris qui permet à ses ouvrages pratiques ou psychologiques d'importantes percées en France et ailleurs dans la Francophonie. Il faut rappeler à ce titre le succès de taille de l'essai Père manquant, fils manqué de Guy Corneau.

Au cours des dernières années, diverses formes de partenariat France-Québec ont vu le jour. Des ententes de coédition Leméac/Actes Sud, Fides/Le Cerf et Boréal/Le Seuil offrent une vitrine en France à plusieurs écrivains québécois. De plus, depuis 1995, le public parisien a un accès direct à la culture littéraire québécoise. La Librairie du Québec à Paris (30, rue Gay-Lussac, 5e arrondissement) possède un fonds de 8 000 titres publiés au Québec ou ailleurs au Canada.

La mise sur pied de Québec Édition, sous la gouverne de l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) - un regroupement d'une centaine de maisons du Québec et du Canada français - offre par ailleurs aux éditeurs la possibilité d'accroître leurs chances de percer les marchés étrangers en participant aux diverses foires du livre à travers le monde, de Francfort à Bologne, de Paris à Guadalajara.

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Internet : une percée

Au Québec comme ailleurs, l'autoroute de l'information gagne du terrain. En 1996, 24,4 % des foyers québécois disposaient d'un micro-ordinateur à la maison. Plus de 6 % des foyers, parmi lesquels on retrouve les citoyens les plus scolarisés, ont accès au réseau Internet. Les éditeurs québécois commencent timidement à exploiter ce nouveau potentiel. Une quinzaine de maisons d'édition possèdent leur site Web dans le but principal de fournir des renseignements sur leurs auteurs et leurs publications.

Depuis avril 1998, le réseau des librairies Garneau a sa librairie virtuelle (www.renaud-bray.com). Plus de 250 000 titres y sont accessibles. Des mises à jour sont effectuées régulièrement. On y rend compte des titres les plus demandés, des coups de coeur des libraires et des critiques des grands quotidiens.

Bien qu'ils avouent parfois une certaine méfiance et qu'ils s'inquiètent du sort de leurs droits de propriété intellectuelle, les auteurs sont aussi sensibles à l'importance de l'Internet. Dans cet esprit, l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), qui regroupe plus de 1 000 auteurs, a créé son propre site, L'inforoute littéraire des écrivains québécois, dans le but de faire la promotion de ses membres et de leurs publications dans le cyberespace. De même, la BTLF (Banque de titres de langue française) - btlf.qc.ca - permet d'avoir accès aux livres disponibles en français au Québec.

ANEL 2010