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Brève histoire du livre au Québec
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BRÈVE HISTOIRE DU LIVRE AU QUÉBEC
Brève histoire du livre Depuis longtemps, mais surtout depuis une vingtaine d'années, la culture québécoise existe à travers le monde, en particulier en France et dans les autres pays de la Francophonie. Robert Lepage, reflet de l'« ingéniosité » contemporaine, selon les mots de la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Louise Beaudoin, sillonne les quatre coins du globe avec ses spectacles théâtraux. Paris fait la fête aux comédies musicales de Luc Plamondon. Avignon acclame le théâtre de Normand Chaurette et de Denis Marleau. Les grands festivals reconnaissent le talent du jeune cinéaste François Girard, réalisateur du Violon Rouge. La France fredonne les airs de Gilles Vigneault, Robert Charlebois, Richard Desjardins et Céline Dion. Le Cirque du Soleil, la compagnie de danse La La La Human Steps, la chorégraphe Marie Chouinard, le jeune dramaturge Wajdi Mouawad et la troupe de théâtre Carbone 14 multiplient les succès à l'étranger, en France et ailleurs, tandis que d'autres, de la compagnie Jocelyne Montpetit Danse jusqu'aux Violons du Roy, s'apprêtent à jouer à leur tour le rôle d'ambassadeurs. La créativité québécoise séduit les publics d'outre-frontière. Le Québec moderne mord à belles dents dans le monde et lui ouvre son coeur. Et c'est dans cette mouvance, portés par le désir d'offrir au public français un portrait fidèle de leur diversité culturelle, que des dizaines d'éditeurs et d'écrivains québécois débarquent au Salon du livre de Paris, où le Québec s'est vu accorder le privilège d'être en 1999 « l'invité d'honneur ». Les visiteurs y découvriront une littérature d'une immense vitalité, une littérature contemporaine, universelle et variée, une littérature fidèle à ses racines mais libérée d'une image folklorique souvent très réductrice; une littérature où de nouvelles voix, celles de Ying Chen (Immobile), Gaétan Soucy (La Petite fille qui aimait trop les allumettes), Maxime-Olivier Moutier (Marie-Hélène au mois de mars), Martine Desjardins (Le Cercle de Clara), Pierre Yergeau (L'Écrivain public) et de dizaines d'autres jeunes auteurs, entretiennent la flamme allumée par Gabrielle Roy, Gaston Miron, Anne Hébert, Marie-Claire Blais, Réjean Ducharme et autres défricheurs de la littérature québécoise. Paris découvrira et redécouvrira du coup l'édition québécoise, une industrie encore jeune, qui ne demande qu'à célébrer son « Printemps »; une industrie dynamique, prête à toutes les audaces et désireuse de s'ouvrir sur le monde. Des lendemains qui promettent Comme partout ailleurs dans le monde occidental, l'édition québécoise traverse des zones de turbulence. L'émergence de nouvelles technologies, le durcissement des lois du marché qu'impose la mondialisation de l'économie, la présence parfois trop envahissante de la culture américaine et de l'édition française, et la nécessité à la fois de rajeunir et de diversifier le public lecteur forcent l'industrie à se remettre en question. Comme dans beaucoup de pays, les tirages moyens baissent et les réseaux indépendants de diffusion se fragilisent. Le débat sur la nécessité d'établir un système de prix unique ou de prix plancher pour le livre s'inscrit dans cet esprit de survivance culturelle. Chose certaine, la morosité n'a pas prise longtemps chez les éditeurs québécois, et les inquiétudes tendent à se dissiper. Un léger vent d'optimisme souffle. Au retour de la Foire internationale de Francfort de 1998, plusieurs éditeurs aguerris ont dit même avoir connu leur séjour « le plus fructueux des quinze dernières années ». Il s'agit là d'un signe qui ne trompe pas. Déjà, au sortir d'un « Sommet sur la lecture et le livre » organisé par le gouvernement du Québec au printemps 1998, plusieurs éditeurs, écrivains et libraires se trouvaient ragaillardis, encouragés par la volonté de l'État de soutenir et revitaliser tous les secteurs du livre, en particulier ceux de la librairie et de la bibliothèque. On a d'ailleurs construit en plein coeur de Montréal une Grande Bibliothèque du Québec (GBQ), une institution qui est devenu la « locomotive » du livre, inspirée de la Très Grande Bibliothèque de Paris, un symbole de la place grandissante qu'occupent le livre et les autres formes d'expression écrite dans ce nouveau millénaire. |
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