Un automne conjugué au futur à l’ANEL par Joelle Fortier et Catherine Tremblay (ANEL)
L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) se prépare pour un automne fort chargé. Au menu : une étude d’envergure sur l’édition numérique, une conférence sur l’édition et les nouvelles technologies et un Forum sur la littérature nationale. L’objectif est clair : se positionner en première ligne pour bâtir l’édition de demain.
Vente de contenu numérique : prendre le taureau par les cornes
Le directeur général de l’ANEL, Pierre Le François, ne s’en cache pas : la numérisation et la vente de contenus numériques figurent au nombre des principaux chevaux de bataille de l’Association. « Il s’agit d’un enjeux incontournable. On ne peut pas passer à côté des transformations que subit et subira inévitablement l’industrie. Cet automne, nous serons prêts à accompagner nos membres dans leur démarche numérique » affirme le directeur général.
Voilà pourquoi l’ANEL a commandé une étude sur les enjeux de l’édition numérique pour ses membres à une équipe de consultants dirigée par Guylaine Beaudry. De ces travaux est né un document de plus de 200 pages comprenant une série de recommandations destinées à l’ANEL et, plus largement, à l’ensemble de la chaîne du livre. Les résultats de l’étude seront dévoilés le 13 septembre lors d’ateliers précédant l’assemblée générale annuelle de l’ANEL.
Parallèlement à cette campagne d’information et à la lumière des recommandations formulées dans l’étude, l’ANEL entend intensifier ses actions de représentation et de formation au cours des prochains mois.
Une conférence réunissant édition, Internet et papier électronique
L’ANEL pousse plus loin sa réflexion sur l’impact des nouvelles technologies sur l’édition en organisant une conférence dans laquelle on découvrira pour la toute première fois les « coulisses » de l’édition d’un roman sur papier électronique. Stéphanie Chevrier (Flammarion France), Gilles Herman (Éditions du Septentrion) et Bruno Rives, (Observatoire Tebaldo) présenteront leurs expériences et discuteront du futur de la profession.
Stéphanie Chevrier a travaillé à l’édition électronique d’un roman de l’auteur Henri Loevenbruck, testé cet automne auprès de 1 500 lecteurs munis d’un reader. Elle se consacre également au développement de stratégies d’édition et de promotion novatrices sur Internet. «Aujourd'hui, Internet est incontournable dans l’élaboration d’une stratégie éditoriale. Demain, il en sera de même avec le papier électronique. Nous sommes peut-être effrayés par toutes ces nouvelles technologies mais nos enfants et, plus tard, les enfants de nos enfants ne le seront pas» souligne-t-elle. C’est Bruno Rives et Ganaxa, la firme d’audit et d'accompagnement de projets e-paper qu’il a fondée, qui ont orchestré la transposition sur papier électronique du roman de Loevenbruck, en étroite collaboration avec madame Chevrier. Gilles Herman a modifié l’an dernier l’image web du Septentrion, y ajoutant, entre autres, des blogues d’auteurs et rendant possibles des recherches par mot-clé dans les livres inscrits au catalogue de la maison. « Après analyse des statistiques émises après plus d’un an d’existence, je peux affirmer que le contenu dynamique augmente considérablement le trafic sur notre site Internet. »
Intitulée « Internet et papier électronique : Vers une transformation majeure de l’édition ? », la conférence aura lieu le 25 septembre prochain, à 9 h 30, à l’auditorium du Centre d’archives de Montréal. L’inscription coûte 60 $ pour les membres de l’ANEL et 90 $ pour les non-membres. Pour s’inscrire contacter Fanny Duval : 514-273-8130 poste 221 ou duval@anel.qc.ca. Promotion de la littérature: une vision, un projet
En assemblée générale l’an dernier, la promotion de la littérature nationale a été désignée pour l’année comme la priorité de tous les membres de l’ANEL. « L’ANEL valorise le rôle prépondérant du livre et de la lecture dans la vie de chaque citoyen. Les éditeurs littéraires contribuent activement au foisonnement de la culture au Québec et la promotion de leurs œuvres est primordiale » rappelle Gaston Bellemare, président de l’Association.
Les membres de l’ANEL se sont engagés dans un processus de réflexion sur la place de la littérature nationale sur le marché domestique, et du constat de son invisibilité et de son manque d’accessibilité est né l’idée d’un projet d’envergure réunissant tous les acteurs du milieu du livre. « Nous voulons tracer un portrait global des problématiques particulières liées à la circulation, la visibilité et à la mise en valeur de notre littérature, mais surtout proposer des pistes de solutions aux grands enjeux entourant la littérature tout en créant l’occasion d’une synergie accrue entre les divers acteurs » affirme Pierre Le François.
Le 1er novembre prochain se tiendra donc le Forum sur la littérature nationale, qui sera l’achèvement de plusieurs mois de travail où auront été discutés et étudiés de nombreux thèmes liés à l’industrie du livre et de l’édition. Au cours des derniers mois, l’ANEL, en collaboration avec l’UNEQ, a pensé, organisé et coordonné un riche programme d’ateliers. L’école, le financement, la mise en marché de la littérature nationale, la compétition internationale, les réseaux de diffusion et le public lecteur sont autant de thèmes abordés par près de 80 personnalités issues de divers secteurs du livres (éditeurs, libraires, auteurs, enseignants, bibliothécaires, économistes etc.). « Seul un engagement concret de chacun des acteurs de la chaîne du livre garantira la pérennité de la bibliodiversité québécoise » conclut Arnaud Foulon, vice-président par intérim de la section littéraire de l’Association.
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